Les années 2000

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Les années 2000 2017-05-16T16:38:04+00:00

Avignon

Mon premier atelier avignonnais se situait au dessus de locaux industriels. Leurs bennes recélaient un grands nombre de matériaux qui, bien qu’en parfait état, étaient destinés à la destruction. Ici de grands formats – 2mx1,50m – de feuilles rodoïde  – matière polymère transparente ou opalescente –

En accord avec mon voisin l’industriel qui soutenait mon travail, j’ai récupéré ces feuilles. Elles ont été le support de ma création pendant plusieurs années.
C’est un point important de la démarche, le fait de les récupérer, les recycler en œuvres d’art. Il s’agit donner une autre vie à ces déchets de l’industrie que nous utilisons chaque jour et qui submerge notre environnement à tous.

À ce sujet, un événement m’avait frappée et incitée dans ma démarche : sur une plage, j’étais tombée en admiration devant ce qu’il me semblait être une anémone de mer, merveilleusement belle, qui s’était avérée être une bien banale base de sacs plastique.
Grande avait été ma déception, voir ma tristesse,  mais j’avais pensé aussi  : “la beauté est partout”

On voit que tout peut être sublimé. En utilisant et recyclant cette matière issue de l’industrie, je change son destin de déchet polluant en support de création, état où on ne lui en voudra plus du tout d’être impérissable !

Ces formats de Rodoïde, j’en ai exploré, exploité les caractéristiques nombreuses et parfois contradictoires. Car elles sont fines, brillantes, robustes, indéchirables, quasi impérissables, mais aussi fragiles et sensibles aux rayures.

Je les ai manipulées, les ai peintes, découpées, collées, superposées, exposées au soleil, sur le sol, les ai rincées au jet d’eau, repeintes…Une série présentée entre deux plaques de plexis étaient scarifiée par des boulons qui maintenaient la structure.

Mais aussi, et surtout, j’ai joué avec elles, admirées leur transparence, leurs relation avec les éléments.

Ces feuilles sont de beaux matériaux, merveilles de technologie et de chimie, mais, à bien des égards, je refuse de me plier à la dictature que leurs impeccables surfaces tentent de nous imposer. Au cours de toutes ces manipulation, des marques volontaires, ou non, ont entamé leur surface.

Je revendique ces marques, griffures ou autres traces, en geste de résistance à la perfection de ces surfaces lisses et brillantes, pour lesquelles le réel devient tout de suite une intrusion. J’en revendique les hasards et les imperfections.

Séries issues de l’atelier de Sources

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